Archives de Mot clé : ‘Expérience’

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Cueille donc celui que tu es, tu pourras cueillir le jour avec profit. N’attends pas du temps la vérité de ton être. Sache au contraire découvrir, par ton être, la vérité du temps.

Bertrand Vergely

Dictionnaire philosophique (et savoureux) du bonheur, p 54

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Seule l’expérience peut nous faire comprendre cela. Il y a des “voies”, des exercices, mais il y a un moment où il faut lâcher prise de toutes les voies. Le chemin est donc au-delà de tout ce qu’on peut en dire, c’est le chemin sans chemin, c’est marcher sans trace, comme on dit dans le tao ou le zen. Non seulement les autres ne peuvent pas nous suivre mais, si on se retourne, on ne sait même pas par où on est passé. C’est toujours le paradoxe : le but du chemin, c’est le chemin lui-même.

Bernard Durel

Le nuage de l’inconnaissance, p 214-216

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Pour replacer la citation dans son contexte :

Le point de départ, lorsqu’on apprend un exercice, est la dualité sujet (moi) – objet (la technique). À la condition de répéter inlassablement le même exercice, on prépare les conditions qui permettent et favorisent une expérience fondamentale sur la Voie : l’union sujet-objet. C’est l’expérience de la non-dualité qui ouvre sur l’expérience de l’unité.

Pour l’homme en chemin, le but de la pratique n’est donc pas une performance qui serait récompensée par un diplôme ou une médaille d’or. Le sens de la pratique, c’est l’homme lui-même, sa propre maturation intérieure.

L’action qui pas à pas conduit à la maîtrise est souvent mal comprise. L’exercice n’est pas la construction d’une action parfaite. La maîtrise de la technique est le fruit du glissement d’un niveau d’être, l’ego, à un autre niveau d’être, notre nature essentielle.

L’exercice, la technique, est donc tout d’abord un moyen pour passer d’un niveau d’action à un autre niveau d’action.

Le maître du tir à l’arc dit à son disciple : Ne tirez pas. Laissez Cela tirer !”

Que faut-il faire pour que “Cela” tire ? Et qu’est-ce que “Cela” qui devrait tirer ?

“Ne tirez pas” peut être compris comme une invitation à ne plus engager l’action en s’appuyant sur l’ego. Lorsque vous tirez en vous appuyant sur l’ego, le maître de l’art vous dit : “Votre tir est impur” !

Qu’est-ce qui rend un tir impur ?

C’est, par exemple, de pratiquer en étant tendu, crispé ! C’est d’engager l’action en étant animé par le désir de réussir à tout prix ou par la crainte d’échouer. C’est engager l’action en étant mû par l’ambition. C’est pratiquer avec la peur d’être jugé. C’est laisser poindre le moindre mouvement d’humeur parce que l’action ne s’est pas réalisée comme “moi” je veux.

Le passage de l’apprentissage de la technique à la maîtrise de la technique représente donc un sérieux travail d’identification des réactions du “moi”. Chaque tir est l’occasion de lâcher prise du “moi”. C’est la découverte qu’un exercice “corporel” est un travail sérieux et minutieux sur l’âme.

Jour après jour, de mois en mois, le disciple sur la Voie apprend à maîtriser l’art d’accueillir en soi une action d’un autre niveau que celles engagées par le “moi” ; une action qui n’est plus un effet fabriqué par le moi mais une action qui est un effet naturel de l’être.

“Cela tire” lorsque l’action se fait dans la liberté de l’être.

“Le Tao agit en soi par le moyen du tir à l’arc”, dit encore Umeji Roshi.

Si votre exercice est la pratique méditative sans objet, les étapes sont les mêmes : apprendre la technique… bien faire ce qu’on a appris… maîtriser ce qu’on fait bien… maîtriser parfaitement ce qu’on maîtrise.

Jusqu’à ce moment où vous faites l’expérience que “Cela” respire ! L’acte de respirer qui n’est pas un effet fabriqué par le moi ; l’acte de respirer, un geste qui a sa source dans notre propre essence.

Jacques Castermane

Comment peut-on être zen ?, p 85-86

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